Bonjour, aujourd’hui je répond à Pierre-Gilles qui dit :

Bonjour, je suis locataire, je ne peux faire de grand frais (déjà que je dépense beaucoup pour le chauffage) et la proprio refuse d’engager tout travaux.

C’est une maison des années 50 sans isolation aucune, ni vide-sanitaire, sur le mur extérieur de ma chambre se forment des moisissures que je nettoie régulièrement.


Tu as évoqué le liège, crois-tu que ça pourrait être une solution pour quelques années, si ce n’est pas trop onéreux ?

Alors, qu’on se le dise. La réponse pour solutionner définitivement le problème est rapide et vous la trouverez partout :

“Cher Monsieur, il est nécessaire de ventiler généreusement le logement en permanence avec une ventilation mécanique contrôlée, d‘isoler thermiquement les parois, supprimer les ponts thermiques, et chauffer convenablement”

Mais ce n’était pas la question. On va supposer que le conseiller FAIRE a déjà été rencontré, que les aides financières ne sont pas assez intéressantes pour procéder aux travaux.

Et donc, comment bricoler quelque chose avec du liège, sans compétences particulières, sans outils ? Combien ça coûterait d’améliorer la situation pour quelques années ? C’est parti !

Explications et solutions contre la moisissure

Tout le monde comprend rapidement que la moisissure vient de l’humidité, et qu’il faut ventiler pour l’éviter. On pourrait s’arrêter là, mais dans les fait c’est plus compliqué que ça.

Les sources d’humidité sont multiples, et la sur-ventilation refroidit à outrance nos logements, donc la plupart du temps on trouve des compromis désagréables entre humidité, froid, inconfort et moisissures.

Le cas de Pierre-Gilles et loin d’être isolé (c’est le cas de le dire), comme nous allons le voir. Ce qui est technique dans son cas, c’est l‘impossibilité de réaliser de vrais travaux d’améliorations (la propriétaire ne semble pas d’accord).

Faisons donc le tour de cette question très intéressante, et voyons ensemble comment le liège pourrait être utilisé pour solutionner son problème.

La moisissure est un problème fréquent

1 logement sur 5 est affecté par un défaut d’humidité selon l’INSEE (source: Logrfa 17), et ce chiffre monte à 37% selon l’observatoire de la qualité de l’air intérieur.

C’est énorme o_O !

Les différents chiffres dépendent de la façon de mesurer, et de si on considère l’échelle microscopique ou bien l’échelle du “visible à l’oeil nu” .

Dans tous les cas, c’est très répandu.

La moisissure est nocive pour la santé

Outre le fait que la moisissure soit moche, pénible à nettoyer, et qu’elle abîme les affaires, la présence de moisissure est nocive pour la santé.

Asthme, irritations respiratoires, allergies, elles sont à l’origine de nombreuses pathologies.

Il y a des thèses et des études en pagaille sur le sujet, donc pour savoir que c’est mauvais pour la santé, on est très bien équipé.

toute contamination fongique en surface ou derrière les matériaux dans un environnement intérieur ainsi que toute condition la favorisant (ex. infiltration d’eau, eau stagnante, condensation sur les structures) sont des situations inacceptables du point de vue de la santé publique qui doivent par conséquent être corrigées.”

Source : https://www.inspq.qc.ca/bise/moisissures-en-milieu-interieur-et-risque-pour-la-sante

La moisissure, qu’est-ce que c’est ?

Ce qu’on appelle la moisissure c’est la partie visible de certains champignons.

Une trentaine de genres de moisissures sont régulièrement rencontrés en milieu intérieur contaminé, les plus fréquents étant CladosporiumAspergillus, Penicillium, et Alternaria.

Je ne vais pas m’étendre sur le sujet lui même de la moisissure, il est déjà très documenté.

Sait-on clairement prévenir et remédier aux problèmes de moisissures ?

Aucune solution pragmatique de prévention et de remédiation n’est proposée dans la littérature.”

Dommage !

“Chaque élément est étudié distinctement et les phénomènes d’interaction macroscopique (ponts thermiques, défauts d’enveloppe, absence ou mauvais dimensionnement ou régulation de la ventilation etc.) ne font que très peu partie des thématiques de recherche en lien avec les
moisissures dans les environnements intérieurs
.”

Source : un rapport de 374 pages de rapport “Moisissures dans le bâti”, cliquez-dessus pour le consulter :

Voyons quand même ce qui en ressort et ce qu’on peut faire chez soi.

Les moisissures ont besoin d’eau

“L’humidité est le facteur essentiel nécessaire à la prolifération fongique.”

Voilà, en fait c’est assez clair, en l’absence d’humidité, il n’y a pas de proliférations de moisissures, et en présence d’humidité si.

Ca serait presque aussi simple que ça.

condensation sur un mur
Condensation sur un mur

On va quand même parler des autres facteurs mais au final on va revenir à l’humidité.

Ce qui beaucoup plus ardu à cerner, ce sont les choix à opérer pour anéantir la présence d’humidité. On va y venir. Mais d’abord parlons un peu des matériaux qu’aiment bien les moisissures.

La nourriture pour moisissures: quels matériaux ?

Les moisissures apprécient les matériaux qui retiennent l’eau et qui contiennent de la cellulose. Le papier qui recouvre les plaques de plâtre, le papier peint. Le plâtre contient beaucoup d’eau également.

La température idéale pour les moisissures

Les moisissures se développent à des températures que l’on retrouve dans nos logements.
Donc en fait ce n’est pas vraiment le sujet. Sauf que bizarrement nous les retrouvons souvent sur des surfaces froides.

Est-ce parce que la moisissure aime le froid ?

Non. C’est parce que l’humidité augmente à proximité d’une surface froide, et va même finir par se condenser sur la paroi.

On a alors une création de gouttelettes d’eau, qui vont imbiber le support et déclarer le début des problématiques d’humidité

Pourquoi bien ventiler ne suffit pas ?

C’est le conseil n°1 que vous avez entendu, c’est pour ça qu’il faut en parler.

Ventiler, ou renouveler l’air ne suffit pas, voire même s’avère parfois contre productif pour lutter contre la moisissure !

Attention à ne pas interpréter de travers : Globalement c’est une bonne chose de ventiler, mais il y a certaines choses à comprendre.

Ventiler permet de renouveler l’air et apporte de l’air neuf, chargé en dioxygène vital et chasse le CO2 et un tas d’autres molécules qu’on ne souhaite pas respirer en trop grande quantités.

Alors pourquoi s’en priver ?

La ventilation contre-productive dans certains cas

Il n’est pas question de se priver d’un renouvellement d’air. Mais il faut savoir qu’en renouvelant l’air, on refroidit la pièce.

En refroidissant la pièce, on refroidit les parois. En refroidissant les parois, on créé des zones propices à la condensation. En créant des zones propices à la condensation, de la moisissures apparaît (ou reste invisible). En créant de la moisissure, on dégrade la qualité de l’air.

Hop, qu’est-ce qui vient de pointer le bout de son nez ? Un paradoxe ! J’adore ça les paradoxes : pour améliorer la qualité de l’air on ventile. En ventilant on peut dégrader la qualité de l’air.

Le paradoxe nous force à creuser, et à dire bonjour au compromis : en fait il faut ventiler le juste nécessaire pour respirer un air de bonne qualité mais il ne faut pas trop ventiler pour ne pas refroidir les parois qui pourrait générer un air de mauvaise qualité à cause des moisissures.

Check-list : les 2+1 causes de la moisissure

Récapitulons les causes de la moisissures :

– Hygrométrie de l’air élevée
– Hygrométrie des matériaux élevés
– Présence de cellulose dans les matériaux humides (facultatif)

L’humidité, raison numéro 1 de la moisissure

L’humidité n’est pas si simple à détecter, puisqu’elle ne se voit pas.

Utiliser un hygromètre peut être utile. Mais comme nous l’avons vu, l’humidité mesurée peut être “normale” à un endroit, et beaucoup plus élevée à un autre, notamment à quelques millimètres d’une paroi froide.

La mesure seule de l’humidité relative ambiante, même à proximité de la surface contaminée ne permet pas de statuer sur l’existence d’un risque de développement fongique, la teneur en eau disponible dans le matériau ne correspondant souvent pas à l’humidité de l’ambiance

Source : Rapport contamination fongique.

C’est bien l’humidité au cœur du matériau qui permet la prolifération des moisissures, et celle là est complexe à mesurer.

Il est vraiment utile de comprendre que même avec une bonne ventilation, l’humidité de condensation sur une surface froide apparaît.

Si je sors une bière fraîche en été, même s’il y a du vent, des gouttelettes vont se créer sur ma chope : c’est la condensation.

La condensation sur une paroi froide



Le verre n’étant pas poreux, il ne se mouille pas, et sa surface sèche vite.

Mais en présence de revêtement de mur capables de retenir l’eau, papier peint, plâtre, de l’eau migre dans le matériau.

Limiter la création intérieure d’humidité

Je ne vais pas m’étendre sur ce que vous devez avoir déjà lu partout ailleurs comme conseil, mais un petit paragraphe s’impose : évitez de créer de l’humidité dans la maison.

Que ce soit les douches, les bains, la cuisine, le séchage du linge, mais aussi l’arrosage des plantes, l’utilisation d’un déshumidificateur non vidé, les WC qui restent ouvert : ce sont autant de source d’humidité facile à limiter en ajustant vos comportements.

Commencer par limiter la création d’humidité

Avant de voir concrètement comment supprimer les causes de la moisissures dans le cas présent, voyons rapidement l’étape du nettoyage.

Comment éliminer les moisissures ?

Quand c’est possible, vous l’aurez compris, j’aime bien m’appuyer sur des documentations déjà faites plutôt que de les répéter ^^ donc voici ce que nous conseille le CSTB pour éliminer les moisissures : Allez directement à la page 9.

Centre Scientifique et Technique du Bâtiment

Pour les plus pressés qui n’ouvriront pas le document, les infos principales sont les suivantes :

Enlever les moisissures en mouillant pour ne pas les respirer. Il est conseillé l’eau de javel, mais ça fait parfois débat. Faites votre choix personnel. Déjà en frottant/grattant ça va s’en aller.

– Idéalement portez des lunettes de protection et un masque anti-poussière.

Aérer bien avant de revenir, notamment avec personnes fragiles.

Une fois qu’on a supprimé la moisissures, on a as envie qu’elle réapparaisse.

On va donc chercher à limiter sa cause principale : l’humidité.

Recommandations générales pour supprimer les causes de l’humidité

L’humidité a de multiples causes.

Nous en avons évoqué un certains nombre jusqu’à présent. Intéressons-nous de plus près à la partie constructive, au bâtiment lui-même.

Prenons cet excellent document de l’Agence Qualité Construction, cliquez dessus pour l’ouvrir :

Agence Qualité Construction

Et voyons, parmi les douze recommandations générales, quelles sont celles applicables au cas qui nous intéresse ici, celui d’une chambre non isolée, louée chez une propriétaire ne voulant pas réaliser de travaux.

Recommandations applicables au cas de Pierre-Gilles

Parmi les douze recommandations de l’AQC, voyons lesquelles serait applicables chez Pierre-Gilles :

1. Etanchéité à la pluie :
Moyennement applicable : Il est possible de vérifier visuellement qu’il n’y a pas d’entrées d’eau par la façade, par des fissures par exemple. Mais en cas de problème observé, cela demanderait des travaux, c’est en cela que c’est moyennement applicable.

2. Assurer une bonne évacuation des eaux pluviales :
Moyennement applicable : il est possible d’observer comment se comporte l’eau de pluie lorsqu’il pleut : l’eau de toiture est-elle évacuée par des goutiières et un réseau fonctionnel ? Est-ce que de l’eau stagne sur l’appui de fenêtre ? Est-ce que de l’eau stagne au pied du mur ?
En cas de problème observé, cela demanderait des travaux, c’est en cela que c’est moyennement applicable.

3. Traiter les abords du bâtiment pour limiter les apports d’eau :
Non applicable : Il s’agit ici de diagnostiquer si le sous-sol serait humide à cause de revêtement étanches extérieurs et de l’absence de drain ventilé. Le cas typique est la présence d’une dalle en béton devant la maison. Les remontées capillaires sont alors favorisées.
Sujet non applicable puisqu’il implique des travaux importants.

4. Limiter les apports d’eau en phase chantier :
Non applicable, le chantier s’est terminé il y a 70ans 😉

5. Évacuer l’humidité du bâtiment en phase chantier :
Non applicable, le chantier s’est terminé il y a 70ans 😉

6. Prévenir les fuites de canalisations :
Applicable mais peu probable : Il faut vérifier qu’il n’y a pas de corrélation entre des canalisations et les zones où apparaissent la moisissure. En cas de doute sur un réseau inaccessible, une inspection vidéo est envisageable.

7. Mettre en oeuvre une ventilation efficace du bâtiment :
Moyennement applicable : C’est une solution intéressante et nécessaire à la bonne qualité de l’air, mais dans un bâtiment non isolé et probablement peu étanche à l’air, cela peut conduire à des consommations d’énergie pharaoniques (y avait des chauffages à l’époque des pharaons ?) et ne pas vraiment résoudre le problème. En outre, cela implique de réaliser des travaux, ce que la propriétaire ne veut pas. Pourtant c’est une des choses qu’il faudrait faire … Peut-être qu’on peut imaginer de mieux ventiler la chambre durant la nuit ?

8. Limiter l’impact des remontées capillaires en rénovation :
Non applicable. C’est une solution intéressante – voire nécessaire – quand il s’agit de bâti ancien, notamment en pisé, que d’évacuer l’humidié qui remonte par capillarité dans les murs s’il y en a : Pour cela il faut lui permettre de s’évacuer en séchant par l’extérieur, avec un enduit perméable à la vapeur d’eau et capillaire. Généralement pour cela on remplace l’enduit ciment par un enduit à la chaux, sur 1m50 de haut. Ici ce n’est même pas applicable puisque cela demande de faire des travaux.

9. Utiliser des matériaux extérieurs ouverts à la vapeur d’eau et capillaires
Non applicable. Il n’est pas prévu d’intervenir sur la façade extérieure.

10. Conserver une capacité de séchage des parois vers l’intérieur
Applicable. Les matériaux intérieurs devraient permettre un séchage optimal du mur. Cela est utile pour évacuer l’humidité contenue dans le mur, qui vient des remontées capillaires, d’éventuels défauts de façades etc.

11. Traiter les ponts thermiques
Moyennement applicable. Il y a probablement une grande quantité de pont thermique, si ce n’est sur les 4 côtés du mur. Prolonger l’isolation au niveau du plafond, du sol et des murs adjacent fait basculer dans la catégories des travaux que Pierre-Gilles ne peut pas engager.

12. Eviter les passages d’air parasites
Applicable : il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas un courant d’air froid mal placé qui serait source d’humidité.



Comment utiliser le liège pour supprimer les causes de la moisissure dans la chambre ?

Nous l’avons vu, pour supprimer les causes de la moisissure, il faut diminuer l’humidité. L’utilisation du liège ne va malheureusement pas agir sur tout les paramètres.



Cet article n’a pas pour but de préconiser les travaux qu’il conviendrait de faire, mais pourtant c’est bien ce qu’il conviendrait de faire !

Il faudrait apporter une bonne isolation thermique, une bonne ventilation, et un chauffage efficace, cela supprimerait les problèmes d’humidité et donc les moisissures.

Mais allons au bout de l’exercice … Et voyons ce que l’on peut bricoler avec du liège. On va repasser en revue les objectifs, en ayant en tête le liège.

Diminuer l’hygrométrie générale

Il s’agit là de la quantité d’eau présente dans la chambre, sous forme de vapeur d’eau dans l’air, sous forme de vapeur d’eau dans les matériaux, et sous forme d’eau liquide dans les matériaux.

L’utilisation du liège contre le mur peut agir sur ce paramètre car il va annuler la condensation comme nous le voyons juste après. Et la condensation qui s’évapore à nouveau maintien une hygrométrie élevée.

En outre, il peut être intéressant de placer un hygromètre à quelques euros, percer une entrée d’air hygrovariable dans la fenêtre si elle est trop étanche, supprimer les éventuelles plantes, laisser la porte ouverte la nuit, et bien vider le déshumidificateur s’il y en a un.

Placer un hygromètre permet de savoir où en est l’humidité de l’air

Il ne faut pas dépasser 70% d’humidité relative.

Empêcher l’air d’être au contact d’une paroi froide

Nous l’avons vu, quand l’air rencontre une paroi froide (la bière fraîche), il y a de la condensation qui se crée.

Pour empêcher cela, il suffit d’empêcher l’air d’aller rencontrer la paroi froide.

Pour cela, on va créer une barrière à l’air, et interposer un isolant thermique entre l’air et la paroi froide.

On peut utiliser pour cela une membrane d’étanchéité à l’air, qui empêchera l’air de transiter vers la paroi froide (elle empêchera également la vapeur d’eau de transiter, voir point suivant).

Empêcher la vapeur d’eau de se condenser sur une surface froide

Deux choses :

On a déjà abordé le cas de l’air qui pourrait traverser la couche isolante, ce qu’il faut éviter en créant une étanchéité à l’air.

Mais ce n’est pas fini : il existe le phénomène de migration de vapeur d’eau au travers des matériaux.

S’il y a une différence de pression partielle de vapeur, ce qui est le cas entre le côté chaud et le côté froid d’un isolant, il va y avoir une tendance à la migration de vapeur d’eau vers l’extérieur.

Cette humidité risque de se condenser sur la paroi froide (derrière le panneau de liège).

Pour éviter ça, il faut utiliser une membrane frein vapeur ou pare vapeur côté chaud (elle jouera donc deux rôles : étanchéité à l’air, et frein vapeur).

Et il y a quelque chose d’intéressant à savoir aussi, c’est que les caractéristiques du matériau jouent un rôle sur l’apparition ou non de condensation : si je sort un bloc de liège du frigo, en même temps que ma bière, il ne vas pas y avoir de condensation dessus, pourtant il est à la même température …

En fait le liège a une bien plus faible effusivité, une plus faible diffusivité, et une capacité d’adsorption plus élevée que le verre. Mais ce n’est pas nécessaire de vraiment comprendre cela pour la suite, continuons.

Réchauffer les parois froides grâce à l’isolation

On va utiliser l‘isolant thermique en liège pour réchauffer la paroi (sans utiliser plus de chauffage). Ce serait exact de dire cela si on isolait le mur par l’extérieur.

Mais ici, si on isole par l’intérieur, en réalité on revient deux paragraphes en arrière : on empêche juste l’air d’être au contact d’une paroi froide.

En effet, la paroi froide est toujours froide, elle l’est même encore plus après avoir isolé par l’intérieur ! (Puisqu’on conserve la chaleur à l’intérieur).

D’où la nécessité d’une bonne étanchéité à l’air, pour éviter que la moisissure se développe derrière le liège.

Réchauffer les parois froides avec plus de chauffage

En fait c’est LA solution qu’on utilisait jusqu’aux chocs pétroliers.

Les constructions des années 50 à 70 non isolée était très bien chauffées, cela s’explique par un coût de l’énergie qui était très abordable à l’époque, et des connaissances écologiques qui n’étaient pas celles d’aujourd’hui.

En chauffant peu, l’humidité de condensation crée de la moisissure
En chauffant beaucoup, la condensation n’apparaît plus

Il suffit de chauffer à balle et bien ventiler, ça va résoudre les problèmes d’humidité !

Par contre cela coûte beaucoup plus cher que faire des travaux d’isolation, et cela impacte le climat de manière irréversible :/ …

Mais ici ce n’est pas ce qu’on va faire, on va bricoler une isolation et ça va résoudre le problème.

Enlever la nourriture à moisissure

La moisissure n’est pas très exigeante en terme de nourriture. On a vu qu’elle raffole de la cellulose, et que donc le papier (papier peint ou papier sur plaque de plâtre) lui plaît beaucoup.

Mais elle s’accommode de toute sorte de support, tant qu’ils sont capables de lui offrir un peu d’eau, et d’en créer régulièrement avec de la condensation.

Avec le liège, on a un matériau chaud, adsorbant mais peu propice à stocker de l’eau, les risques de développement de moisissure à sa surface sont très faibles.

Bon, on fait quoi avec ce liège alors ?

Première couche de liège 40mm

Une fois le mur nettoyé, on va poser les plaques de liège en épaisseur 40mm, à l’aide d’un scotch double face puissant (ceux pour fixer les miroirs sont de très bonne qualité).
Il est possible d’utiliser un mortier adhésif mais c’est plus complexe pour un néophyte.



Les découpes de plaques seront réalisées à la scie, ou au cutter (la scie circulaire c’est plus rapide que le cutter).

Pour un mur de 3m (largeur) x 2m50 (hauteur) il faudra compter approximativement 110€ pour cette première couche de liège + le scotch.

Etanchéité à l’air et frein vapeur

Ensuite on va scotcher une membrane d’étanchéité à l’air, qui a la capacité de freiner la migration de vapeur d’eau.

Malheureusement les plus petits rouleaux font 30m² et coûte 90€ + le rouleau de scotch d’étanchéité à 30€

Scotchage de la membrane

Pour bien la tendre, il est possible d’utiliser là aussi du double face, ou bien des agrafes (à recouvrir de scotch).

2ème couche de liège 20mm

Pour habiller tout ça, plusieurs solutions, mais restons dans le liège, en utilisant des panneaux de 20mm d’épaisseur, pour un budget d’environ 60€

On pourra les scotcher ou coller entre eux et au frein vapeur (oui, c’est du bricolage …)

Ensuite il est possible de peindre ces panneaux en liège (évidemment la texture restera).

Encore une fois c’est du bricolage, mais ça a toutes les chances de fonctionner, de supprimer la cause des moisissures sur ce mur, et ça ne prend que 6cm, pour un budget de 290€.

Je pense que c’est le minimum à faire.

Ces panneaux de liège, la membrane frein vapeur et le sctoch peuvent se trouver chez Ekoshop par exemple (magasin à proximité de chez Pierre-Gilles)

https://ekoshop.com/isolation-phonique/75-panneaux-de-liege.html#/53-epaisseur-40_mm

Conclusion

C’est une situation assez délicate et pourtant très fréquente que d’être en location et ne pas pouvoir engager de gros travaux pour améliorer son habitat qui moisit 🙁

Je pense que Pierre-Gilles pourrait se renseigner auprès d’un conseiller énergie pour connaître les financements possibles de travaux.

Je comprends que la solution bricolage soit tentante, c’est pour cela que j’ai proposé aujourd’hui des pistes de réflexions et un exemple de solution qui tient la route et se veut accessible au plus grand nombre.

L’achat des matériaux doit probablement pouvoir être négocié avec la propriétaire ?

Pour rencontrer un conseiller FAIRE qui vous conseillera sur les aides financières pour réaliser de vrais travaux, même en cas de logement loué, contactez-les https://www.faire.gouv.fr/trouver-un-conseiller

Merci pour votre lecture assidue ! Pensez comme d’habitude à poser vos questions en commentaires, et à partager cette article s’il peut aider quelqu’un de votre entourage 🙂

A bientôt

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1 commentaire

geoffrey · 2 juin 2020 à 16 h 25 min

Bonjour,
Merci beaucoup pour cet article très complet sur une problématique si répandue !
La lecture m’a donné une idée pour un problème similaire.
Bonne journée !

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