Bonjour aujourd’hui je répond à une question posée par Alfred :

J’aimerais savoir si l’on peut changer sous un toit de maison la laine de verre sans avoir à détruire tout le BA13* du plafond. J’envisage de le faire en démontant les tuiles de toit.

Qu’en est-il du jointage du pare-vapeur en ce cas ?

Merci de votre réponse.


Etant donné la question, la configuration d’Alfred est très probablement la suivante :

Une charpente industrielle : “fermettes”
Des suspentes tous les 1m sur chaque rang de fermette
De la laine de verre
Un plafond en plaques de plâtre : BA13

*BA13 fait référence aux plaques de plâtre de 13mm. Elles sont pourvues de Bords Ammincis (BA). Ainsi, on peut réaliser des joints invisibles, sans surépaisseur. Utilisés en murs et en plafond dans la plupart des maisons depuis plusieurs décennies.

Si vous avez la même question qu’Alfred c’est parfait, l’article a été écrit pour vous.

Si la notion de pare-vapeur n’est pas 100% claire pour vous, même si vous n’êtes pas dans la situation d’Alfred, je vous recommande de lire cet article.

Vous y verrez plus clair dans quelques instants, cela contribuera à vous faire faire les bons choix pour chez vous dans bien d’autres cas de figures.

Passer par le toit pour ne pas casser le plafond

Alfred répond lui même à la première partie de sa question. Effectivement, plutôt que de casser le plafond en plaques de plâtre, il est plus simple de passer par la toiture en déposant quelques tuiles.

(S’il est possible de faire les travaux en passant par la trappe, c’est encore plus simple)

Mais ici on va développer une réponse en ce qui concerne le pare-vapeur.

Dans le cas d’un plafond en placo, c’est un casse tête puisqu’on a des rails, des suspentes, etc. Il est impossible de mettre en place un pare-vapeur continu sans déposer le plafond…

Les règles de l’art aujourd’hui

Aujourd’hui, les règles de l’art consistent à combiner deux éléments dans le cas d’un comble perdu :

Cas du comble perdu, extrait du CPT 3560


Premièrement il faut un écran sous toiture dit Hautement Perméable à la Vapeur d’eau (sur les chevrons), étanche à l’eau, perméable à la vapeur d’eau, et limitant le vent, conforme au CPT 3560 : Cahier de Prescriptions Techniques communes de mise en oeuvre des procédés d’isolation thermique de combles, la plupart du temps, il n’est pas ventilé en sous-face.

Mais il faut consulter l’avis technique de l’écran HPV choisi, et respecter les conditions de mise en oeuvre.

Deuxièmement, une membrane pare-vapeur étanche à l’air et continue (si on a un écran de sous-toiture qui n’est pas ventilé en sous face).

Le papier kraft

On entend souvent que le papier kraft associé à la laine de verre joue le rôle de pare vapeur.

Le papier kraft sous la laine est parfois considéré pare-vapeur


Laissons le fabriquant ISOVER répondre à cette question :

“Le revêtement kraft des laines minérales n’est pas un pare vapeur au sens de la réglementation française.
Son Sd (résistance à la diffusion de vapeur d’eau) est bien inférieur à 18 mètres (valeur Sd caractérisant les pare vapeur au sens de la réglementation française).
Suivant l’application visée dans le bâtiment, il ne peut donc remplacer le pare vapeur indépendant et continu prescrit pour certaines applications du bâtiment (parois de MOB, combles).”

Source : https://www.isover.fr/

En étudiant bien le Cahier de Prescriptions Techniques, on entraperçoit malgré tout une fenêtre de configuration conforme sans pare-vapeur.

Il faut dans ce cas ventiler le comble en entier (on y revient plus tard dans l’article).

En fait ça correspond à la mise en oeuvre avant 2012 grosso modo.

Que sait-on des performances de cette mise en oeuvre ? Est-ce une bonne idée de reproduire ces choix techniques en cas de rénovation ?

Au début, la laine de verre

Jusque dans les années 70, avant les chocs pétroliers, les maisons n’étaient pas isolées thermiquement.

Cela pouvait créer des problèmes d’inconfort et de consommations pharaoniques (mais l’énergie ne coûtait pas cher). Et on pouvait rencontrer des problèmes d’humidité dans les maisons.

La plupart du temps, le problème rencontré venait du phénomène de paroi froide.

Le phénomène de paroi froide est simplement dû au fait que le mur n’est pas isolé, donc il est froid.

Quand l’air chauffé arrive à proximité de cette paroi, le taux d’humidité augmente. De l’eau se condense sur la paroi, comme sur un bière fraîche en été.

L’eau ruisselle ou reste par là, elle humidifie davantage l’atmosphère, des moisissures se développent.


Pour comprendre de manière scientifique ce phénomène, il faut s’intéresser à la courbe de Mollier. Je vous en parle dans cette vidéo :

A l’époque, les fenêtres laissait passer beaucoup d’air donc cela atténuait les problèmes d’humidité. En revanche cela refroidissait la maison, donc on gérait comme on pouvait avec ça.

Ensuite on a eu des générations de fenêtres plus étanches, et donc davantage de problèmes d’humidité.

Puis sont arrivées les ventilations pour tenter de résoudre le problème et assainir l’air en même temps. On est loin d’être au point à ce sujet en 2020.

Conjointement à cette problématique existante, l’isolation thermique des maisons a fait naître des phénomènes inconnus auparavant, que nous voyons maintenant :

Une deuxième et une troisième forme d’humidité apparaît avec l’isolation

Avec l’apparition des matériaux d’isolation en laine de verre, on découvre que dans certaines conditions de l’eau se forme au cœur de l’isolant.

Avec quelques recherches, on se rend compte que cela est dû à sa perméabilité à l’air.

L’humidité contenue dans les fuites d’air se condense

En effet, l’air qui traverse l’isolant se refroidit. C’est ainsi que de la condensation se forme, comme celle qui se formait sur un mur froid.

L’air chaud traverse l’isolant, se refroidit, et la vapeur d’eau se condense. Source : Proclima

Ce phénomène est très bien illustré par les diagrammes de Mollier. Dans l’exemple suivant, on considère de l’air à 50% d’humidité relative : l’endroit ou il est écrit “ambiance”.

On suppose que cet air traverse un isolant thermique : la température descend, on suit le trait vers sur le graphique.

Quand on est descendu à 10°C, on atteint le point de rosée, il y a condensation dans l’isolant.

Condensation d’une fuite d’air autour de 10°C

Et quand on bloque les fuites d’air avec du placo par dessous ?

Les plaques de plâtre jouent un rôle très positif dans l’étanchéité à l’air, et ainsi protège de se phénomène.

Cela dit, la périphérie des plafonds est parfois source de quelques fuites. Les éventuels mastics acrylique vieillissent, sont fissurés, et il y a des percements pour les luminaires ou ventilation.

Heureusement, ces sujets sont minimes, et peuvent être corrigés lors d’une rénovation consciencieuse.

Malheureusement, même en l’absence de fuite d’air, on constate une formation d’eau au cœur de l’isolant dans certaines conditions.

Il y a en fait, un autre phénomène :

La migration de vapeur d’eau

En effet, les recherches ont permis de comprendre que même en l’absence de fuite d’air, indépendamment du phénomène précédent de condensation, il y a de la vapeur d’eau qui transite dans la plupart des matériaux.

“Tout comme la laine de roche, la laine de verre est totalement perméable à la vapeur d’eau, mais est non hygroscopique. Elle est non capillaire (n’absorbe pas l’eau). Elle est totalement perméable à l’air. Elle se caractérise par une bonne stabilité thermique, un comportement au feu légèrement moins bon que la laine de roche.”

Source : https://energieplus-lesite.be/


Cette vapeur d’eau circule dans les éléments au gré de sa pression partielle, qui cherche à s’équilibrer en permanence.

Cette pression partielle de vapeur est toujours plus élevée côté chaud de la paroi.

C’est ce que montrent les mesure faites par la chercheuse Lucile Soudani, dans une maison pendant un an :

Source : Thèse de Lucile Soudani

On voit bien que la pression de vapeur est plus importante à l’intérieur de la maison qu’à l’extérieur, toute l’année.

On pourrait imaginer à juste titre que ces mesures ont été faites dans une maison humide, mais ce n’est pas le cas.

L’humidité relative a été également mesurée, on retrouve des valeurs saines (en bleu), toujours inférieures à 70% :

Les valeurs d’humidité relatives sont saines à l’intérieur de la maison, source : thèse

Ces différences de pression de vapeur conduisent à une migration continue de la vapeur si on ne l’empêche pas de traverser.

Ni la peinture, ni le placo, ni le kraft, sont capables de s’opposer au passage de la vapeur d’eau quand il y a déséquilibre entre un côté et un autre.

Et ce que montrent ces courbes, c’est que toute l’année, la vapeur d’eau “pousse” du côté intérieur.

Elle migre dans les parois, et rencontre des petites quantités d’air, de plus en plus froid.

Le phénomène de condensation de vapeur en eau liquide se produit au cœur de l’isolant.


Les problèmes posés par l’humidité dans la laine de verre sont les suivants :

  • L’eau conduit la chaleur, donc l’isolation n’est plus aussi efficace que prévue
  • L’eau alourdit l’isolant, qui se tasse alors sur lui même et se dégrade
  • L’eau peut conduire à des moisissures de l’isolant, puis des structures environnantes en bois

Pour limiter le phénomène, plusieurs solutions ont été envisagées :

Le papier Kraft

Nous en avons parlé, l’ajout d’un papier kraft avait pour intention de répondre à cette problématique de vapeur d’eau.

En fait il sert surtout à faciliter la manipulation des rouleaux.

Malgré ce papier kraft, de nombreux cas d’isolant mouillé, tassé, ou qui parte en poudre on continué de voir le jour.

La recherche de solution a continué.

Et donc on ventile les combles

Parmi ces solutions, la ventilations généreuse des combles.

Avant l’apparition des écrans de sous toiture, les combles étaient souvent ventilés naturellement, au moins par les interstices entre les tuiles.

Un renouvellement de l’air important au-dessus de l’isolant permet de le sécher. Il permet aussi d’assécher le bois de charpente, et d’éviter que de la condensation de forme en sous-face des tuiles.

Tuile chatière, un dispositif qui permet le renouvellement d’air dans les combles


Mais cela a pour conséquence de dégrader des performances thermiques des isolants perméables à l’air.
On vient renouveler l’air qui se situe au sein même de l’isolant (par le dessus, par la face froide).

C’est un des points faibles des isolants légers sous forme de laine, comme un pull à mailles larges, le vent diminue leur efficacité.

Donc c’est une histoire de compromis. A la fois bien ventiler pour évacuer l’humidité. Mais en même temps ne pas trop ventiler pour conserver l’air emprisonné dans les fibres de l’isolant.

Conjointement à cela, on a aussi compris qu’il fallait diminuer la quantité d’humidité contenue dans l’air de la maison.

Et donc on ventile l’habitation

A la fois pour limiter les problématiques d’humidité sur paroi froide, à la fois pour apporter de l’air sain dans les maisons, à la fois pour limiter la quantité d’humidité qui migre dans l’isolant, on a préconisé des ventilations de plus en plus efficaces.

Mais nous l’avons vu, ce n’est pas l’humidité relative qui compte, c’est la pression de vapeur.

Donc la solution de ventiler l’air intérieur n’est jamais suffisante.

Le procès qui récapitule les problématiques liées à la mauvaise mise en oeuvre de l’isolant

ACTIS : « Le TRISO-SUPER 9 isole autant que 20 cm de laine de verre »

C’était en 1999.

Isolant mince réfléchissant Tri Iso de ACTIS

LE SYNDICAT NATIONAL DES FABRICANTS D’ISOLANTS EN LAINES MINERALES MANUFACTUREES (FILMM) attaque en 1999 la société Actis qui annonce que ses produits “TRI-ISO Super 9” et “TRISO-Laine” qui sont des isolants minces réfléchissants (R = 0,86 m².K/W), sont autant efficaces que 20cm de laine de verre (R = 2,57 m².K/W)*

*Valeurs d’époque, que l’on retrouve dans le descriptif du procès :

Lire le Texte intégral (accrochez-vous pour lire ça)

L’histoire est incroyable, les expertises se succèdent, des maisons sont construites pour faire des essais… Des rebondissements à n’en plus finir, pour que 18 ans plus tard le jugement donne raison … à Actis.

Et ce qui est montré c’est plutôt la mauvaise foi du FILMM, et ce qui est intéressant, c’est que la conclusion est plutôt que :

20cm de laine de verre mise en oeuvre tel qu’elle est mise en oeuvre sur les chantiers à l’époque, est aussi mauvaise que l’isolant mince réfléchissant.

On a vu dans les paragraphes précédent les raisons : humidité, aération excessive, tassement, …


Et donc finalement : pare vapeur continu ET combles ventilés… mais pas trop

On en revient au début de cet article, où j’exposais que les dernières règles de l’art consistent à protéger l’isolant par une membrane pare vapeur étanche à l’air parfaitement posée.

En complément, un écran sous-toiture HPV posée dans les règles de l’art, avec une couverture ventilée conformément, permet l’évacuation continue de l’humidité, tout en empêchant l’entrée de vent dans les combles.

Mais qui contrôle tout ça sur chantier ?

Pas grand monde à vrai dire.

J’entend souvent des gens dire “mais ça a été fait par un professionnel enfin” sous-entendu “ça devrait être parfait, conforme”.

Oui. Pourtant la non qualité dans le bâtiment est très répandue, j’ai travaillé chez le plus gros (VINCI) et chez les plus petit (artisans seuls), en passant par les tailles intermédiaires.

Et mon travail m’a amené à participer à diverses expertises sur chantier sinistrés …

Il y a deux choses à faire pour se prémunir des non qualités, c’est de comprendre les travaux qu’on fait, et de bien choisir les professionnels à qui on fait appel.

A la place de ça, beaucoup de particuliers se contentent de chercher le prix le plus bas …

Les rénovations héritent de plusieurs décennies de savoir-faire pas encore au point

Sans parler des cas de malfaçons, les règles de l’art n’étaient donc pas terrible jusqu’en 2012 environ en ce qui concerne l’isolation des combles, raison de plus pour adopter une posture de recherche de la meilleure solution chez soi.

Solution pour Alfred, sans pare-vapeur ?

Sans démonter le placo, il est impossible de poser un pare-vapeur.

En effet, il y a des rails et des suspentes de partout, et travailler depuis le dessus est très compliqué, donc même si on voulait le faire on le ferait mal.

Une fois le placo du plafond vissé, jointé, peint, impossible de placer un pare-vapeur après coup.



Est-ce que ça peut fonctionner sans pare-vapeur ?

Du point de vue réglementaire, le CPT 3560 nous l’autorise à condition qu’il n’y ait une ventilation intégrale du combles (sous l’écran de toiture s’il y en a un) et que le plafond soit parfaitement étanche à l’air.

L’étanchéité à l’air doit être effective au niveau des traversées électriques, des périphéries de plafond, des traversées de gaines de ventilation, etc.

On parlait du compromis entre efficacité thermique et capacité de séchage : là c’est un choix judicieux de préconiser une ventilation généreuse des combles, d’autant qu’une laine mouillée n’isole pas autant que ce qui est prévu.

Mais il faut savoir, nous l’avons vu, qu’une laine soumise à une ventilation généreuse, n’isole pas autant que ce qui est annoncé non plus …

Donc on retrouve l’inconvénient des conditions pointées lors du procès contre Actis, à savoir que l’efficacité de l’isolation est drastiquement diminuée.

Il est difficile de se prononcer sur un affaiblissement de valeur R, mais on a vu que diviser par 3 était atteignable… (cf procès)

Et donc utiliser un isolant capillaire et plus compact ?

Certains isolants, dont le lambda est très proche de celui de la laine de verre, voient leur performance moins dégradée malgré ces conditions difficiles.

En effet ils sont moins sensibles aux effet de vent, car plus compacts (l’air se renouvelle moins, donc la déperdition thermique est diminuée), et ils sont hygroscopiques.

C’est à dire qu’ils ont la capacité de conduire l’humidité condensée sous forme liquide jusqu’à la surface, c’est la capillarité.

Leur compacité les rend plus résistants aux tassements, et leur R (résistance thermique) diminue moins pour une quantité donnée de vapeur d’eau incluse.

Mais ils sont plus lourds, et vont généralement dépasser les charges admissibles par du placo. Donc il faudra trouver des façons de les poser où il ne reposent pas sur le placo.

Charges admissibles par le placo en plafond :

Source : Doc ISOVER

Ces isolants sont nombreux. Pour parler de ceux qui peuvent être soufflés (technique la plus aisée dans le cas des ccombles perdus sous fermettes), citons la fibre de bois et la ouate de cellulose.

Et si vous en êtes à vouloir faire les choses bien, vous serez tenté d’envisager des solutions encore plus abouties.

Et donc solution 2 : Déposer le placo du plafond

Alors oui ce n’était pas la question d’Alfred, mais à la lumière des éléments exposés, il se pourrait qu’Alfred change d’avis. il se dira peut-être que le jeu en vaut la chandelle.

Dans ce cas le placo sera détruit, et on repars de zéro, avec une vraie membrane d’étanchéité pare vapeur.

Ou bien solution 3 : Isoler la toiture par l’extérieur

Cette solution est à privilégier s’il faut remplacer bientôt les tuiles, ou autre matériau de couverture.

On appelle cela le sarking, je ne développe pas dans cet article puisque ce n’est pas le sujet. Mais pareil, il y a plein de choses à savoir là-dessus avant de se lancer, renseignez-vous 🙂

Quelques éléments en bref quand même, je n’y résiste pas :

Avantages du sarking : Réfection de la toiture, ajout d’un écran sous toiture, création d’un espace de rangement, d’un espace pour mettre une VMC efficace, permet de prolonger les débords de toit pour une isolation par l’extérieur des façades, raccord avec une isolation par l’extérieur sans point thermique, pas de travaux intérieurs, résolution des problèmes d’étanchéité à l’air du plafond (électricité, ventilation), possibilité de faire cheminer des gaines de ventilation …

Inconvénients du sarking : Dépose de la couverture donc budget plus élevé, potentiel renforcement de la charpente nécessaire, réhausse du toit de 50cm environ.

Conclusion

On a vu que la laine de verre a besoin d’être pleinement protégée de la traversée d’air qui vient de l’intérieur. On a vu qu’elle a besoin d’être pleinement protégée de la traversée de vapeur d’eau.

Pour ces deux raisons, une membrane pare vapeur d’étanchéité à l’air côté chaud de l’isolant est obligatoire dans de nombreux cas, même s’il y a un pare-vapeur kraft sur l’isolant.

On a aussi vu qu’il était préférable de limiter les courants d’air extérieur pour la performance de la laine de verre, mais qu’il était important de la ventiler côté froid pour qu’elle évacue son humidité.

C’est pour cela que l’on fait appel à des écrans sous toiture Hautement Perméable à la Vapeur d’eau.

On a vu que certaines configurations sans pare vapeur et sans écran de sous toiture sont autorisées en rénovation, mais que cela divise les propriétés isolantes de la laine de verre jusqu’à 3.

Enfin, nous avons évoqué des solutions plus satisfaisantes sur le plan de la performance, de la qualité et de la pérennité des travaux : matériaux plus denses et capillaires et/ou isolation en sarking (sur la charpente).

Merci de m’avoir lu, j’espère vous avoir apporté des éléments utiles pour vos choix de travaux !

Pensez à partager cet article si vous connaissez des personnes en recherche d’informations scientifiques pour faire des choix pour leurs maisons 🙂

A bientôt !

Cédric

Et si on mettait une peinture pare vapeur au plafond ? Ou une peinture anti-condensation ?

Cette idée est très intéressante sur le plan théorique, mais je n’ai rien trouvé de satisfaisant donc je vais continuer à chercher. Que ce soit des études scientifiques ou des produits agrées pour ça.

Mais les discours de vendeurs de peinture anti-condensation sont rigolos, ils affirment créer une isolation thermique avec une peinture …

Autant vous dire que ce n’est pas l’isolation thermique qui est à l’oeuvre avec une épaisseur de peinture.

A mon avis, pour que cela fonctionne un minimum, ça doit plutôt jouer sur certaines propriété chimiques, et sur la porosité/adsorption. En créant des mini cavité, l’eau se condense et migre sans créer de grosses goutelettes en surface.

Quoi qu’il en soit, ces peintures anti-condensation ne nous intéressent pas pour jouer le rôle de pare vapeur.

Si vous avez des infos sur des peintures conçues ou reconnues pour ça, je suis preneur, et les autres lecteurs aussi, donc partagez ça en commentaires ! Merci 🙂

Discours des vendeurs et peintures de ce genre :

La Peinture Anti-condensation protège de la condensation les murs et plafonds des pièces humides, froides ou mal ventilées, telles que les cuisines et salles de bains. Les microbilles de verre présentes dans la formulent assurent l’isolation thermique du support en créant un pont thermique (ndlr : c’est le contraire) qui annule l’effet de paroi froide et donc empêche la condensation de la vapeur d’eau présente dans l’air.

Un autre discours, sans précision de la valeur ajoutée technique de la peinture en question :

Pour toutes pièces sujettes à une forte humidité ambiante. Empêche aux vapeurs d’eau chaude de se transformer en gouttelettes. Protège de l’écaillage et de la moisissure. Masque tâches et auréoles d’humidité.”

Et si les combles sont perdus sur dalle béton ?

Dans le cas d’une dalle béton, c’est hyper simple de mettre en place un pare vapeur continu au sol avant d’isoler, donc il préférable de le faire.

En réalité, ce n’est une obligation que si on rajoute un plancher pour circuler au-dessus de l’isolant, ou s’il y a un écran de sous-toiture non ventilé en sous face… bref c’est mieux de le mettre mais pas obligé.

Et si les combles perdus sont sur plancher non étanche à l’air ?

Là c’est très simple, il est nécessaire de mettre un pare vapeur étanche à l’air dans tous les cas. Cf tableau ci-dessus.

Et si les combles sont aménagés ?

C’est au paragraphe 4.1.7 du CPT 3560, les phrases sont compliquées mais il faut un pare-vapeur côté chaud de l’isolant également.

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7 commentaires

Pierre · 25 avril 2020 à 10 h 04 min

Salut Cédric ! Super article comme d’hab ! 🙂
Chez moi a Auriol j’avais de la vieille laine de verre ma toiture est sous rampant de toiture avec des plaques sous tuiles. j’ai fait changer la toiture pour changer aussi d’isolant et mettre de la ouate de cellulose. tout cela a été fait mais lorsqu’ils l’ont fait l’entreprise m’a dit qu’il n’y avait pas besoin de mettre de pare-vapeur car c’était ventilé naturellement en effet il y a des ouvertures sous les plaques sous tuiles et l’air peut circuler. Ma question est donc est-ce que cela a été bien fait ou est-ce qu’il aurait fallu mettre des pare-vapeur ? et si oui est-ce que c’est gênant du coup ?

    Cédric Giral · 25 avril 2020 à 21 h 58 min

    Merci !

    C’est déjà une bonne chose que ce soit correctement ventilé entre l’isolant et les plaques sous-tuiles (encore faut-il une hauteur suffisante, et des entrées – sorties d’air aussi) => cela permet à l’isolant de sécher en permanence, cela permet d’éviter la condensation en sous face des plaques sous tuiles, et ça protège de la chaleur.

    La question que je me pose, c’est qu’ont-ils mis en dessous de la ouate ? C’est le placo directement ? Est-ce que l’étanchéité à l’air est parfaite ? Si c’est oui, alors on se retrouve quasiment dans une des situations que je décris en fin d’article, à savoir la mise en oeuvre telle que pointée par le procès ACTIS contre les fabricant de laines minérales. Donc ça marche, mais c’est moins performant. La différence avec un comble perdu c’est que tu ne peux pas surveiller facilement que ça se passe bien …

    Niveau performance/durabilité, avec la ouate c’est mieux qu’avec une laine minérale dans ce cas là, puisque elle est plus dense et capillaire.

    Mais s’il y a de l’air qui passe au travers, ça fait peut faire de la condensation au coeur de l’isolant, et dans tous les cas la migration de vapeur d’eau dans l’isolant n’est pas souhaitable non plus. Ca aurait été mieux de mettre un pare-vapeur mais ce n’est pas gênant plus que ça, c’est une histoire de performance.

    Mais disons que si un jour vous pète l’envie d’habiller avec du lambris, c’est l’occaze de mettre un pare vapeur 🙂

    Pour l’aspect durabilité de l’isolant et charpente, c’est difficile de faire un vrai pronostic, mais pareil c’est mieux de protéger tout ça de l’humidité.

    A+!

Théo · 27 avril 2020 à 23 h 42 min

Bonjour Cédric ! Bravo pour ton article très bien écrit sur ce sujet passionnant !
Qu’en est-il de l’utilisation d’un pare-vapeur ou frein-vapeur sur les murs ?
Je rénove une vieille maison dont les murs extérieurs sont en pierres de 40-50 cm de large et j’envisage de les isoler par l’intérieur avec 120 mm de laine de verre. Je me pose la question de mettre ou non un pare-vapeur derrière le BA13. L’ossature est parfois en bois, parfois métallique. Qu’en penses-tu ? Quelle perméance choisir ?
Pour info : combles perdus isolés avec 350 mm de ouate de cellulose projetée et un frein-vapeur (Sd=20) sous les fourrures.
Merci !
Théo

    Cédric Giral · 28 avril 2020 à 6 h 16 min

    Bonjour Théo, merci pour ton message !

    Ta question mérite un développement pour en faire le tour complet. Je n’ai pas encore écrit sur le cas de la pierre, mais il se rapproche du cas du pisé que j’ai déjà traité (béton de terre).

    Concernant cette réflexion, tu vas te régaler à lire ça : https://faisons-le-mur.com/isoler-pise/

    Malheureusement ** spoil alert ** la laine de verre n’est pas le meilleur choix, je te laisse découvrir les raisons et on en reparle, puisque la pierre est généralement plus tolérante.

    Ps : Parfait pour les combles 🙂

    A+ !

    Cédric Giral · 28 avril 2020 à 6 h 16 min

    Bonjour Théo, merci pour ton message !

    Ta question mérite un développement pour en faire le tour complet. Je n’ai pas encore écrit sur le cas de la pierre, mais il se rapproche du cas du pisé que j’ai déjà traité (béton de terre).

    Concernant cette réflexion, tu vas te régaler à lire ça : https://faisons-le-mur.com/isoler-pise/

    Malheureusement ** spoil alert ** la laine de verre n’est pas le meilleur choix, je te laisse découvrir les raisons et on en reparle, puisque la pierre est généralement plus tolérante.

    Ps : Parfait pour les combles 🙂

    A+ !

alex · 28 avril 2020 à 11 h 59 min

merci Cédric pour cette ébauche du livre ; encouragement à le continuer

réflexions intéressantes

1 chapitre à rajouter : quitte à parler de réfléxion globale, il faudrait aussi aborder la solution du chauffage par le bas des murs, qui rend les murs de moellons (au départ inertie pure, sans caractéristique isolante) en partie isolante, surtout si moellons joints à l’argile ; et gain du confort ressenti de 4° : grâce à la sécheresse des murs : murs de moellons sec et pièce chauffée à 16° = même ressenti que murs de moellons non chauffé et pièce chauffé à 20°. il suffit de placer un PER à 15 – 20 cm au bas du mur. solution très peu connue en france , et impossible à trouver sur le net , mais ça se répand en suisse et en allemagne. j’ai rencontré des pros qui l’on mise en œuvre.

appelle moi si tu veux en discutter un peu

cordialement, et encore merci pour le partage de tes réflexions

Didier 05.56.62.64.88

    Cédric Giral · 28 avril 2020 à 17 h 44 min

    Bonjour Théo, merci pour ton message !

    Tu as raison, j’ai bien prévu d’en parler des murs chauffant 🙂

    J’ai d’ailleurs commencé. Tu peux aller lire cet article tu me diras ce que tu en penses 😉 => https://faisons-le-mur.com/isoler-pise/ j’ai mis des références – Françaises – de gens qui en parlent, donc si si c’est possible de trouver 🙂

    A bientôt

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